04 février 2008

Le rapport Attali résumé et surligné

En jaune: bonnes mesures, à signaler!

En jaune: mauvaises mesures.

En italiques: commentaires.

Ambition 1 Préparer la jeunesse à l’économie du savoir et de la prise de risque

Ambition 2 Participer pleinement à la croissance mondiale et devenir champion de la nouvelle croissance

Ambition 3 Améliorer la compétitivité des entreprises françaises, en particulier des PME

Ambition 4 Construire une société de plein-emploi

Ambition 5 Supprimer les rentes, réduire les privilèges et favoriser les mobilités

Ambition 6 Créer de nouvelles sécurités à la mesure des instabilités croissantes

Ambition 7 Instaurer une nouvelle gouvernance au service de la croissance

Ambition 8 Ne pas mettre le niveau de vie d’aujourd’hui à la charge des générations futures

OBJECTIF Doter tous les enfants des atouts nécessaires au monde

Améliorer la formation des éducateurs et éducatrices de crèche et des assistantes maternelles, revaloriser leur diplôme et en augmenter le nombre.

Repenser le socle commun des connaissances pour y ajouter le travail en groupe, l’anglais, l’informatique et l’économie.

L’anglais, l’anglais, l’anglais, l’anglais, l’anglais, l’anglais, l’anglais, l’anglais, l’anglais !

OBJECTIF Engager les établissements du primaire et du secondaire sur la réussite de tous leurs élèves

Accorder plus d’autonomie aux établissements primaires et secondaires.

Évaluer les professeurs sur leur capacité à faire progresser tous les élèves.

Permettre aux parents de choisir librement le lieu de scolarisation de leurs enfants.

Des « droits à l’école » seront attribués à chaque enfant et utilisables dans toutes les écoles. L’État affectera aux parents une somme d’argent par élève. Chaque parent pourra l’utiliser dans un établissement public ou privé de son choix. Le conventionnement des écoles privées devra être très strict sur la nature des enseignements et le respect des valeurs de la République. Les parents pourront ainsi bénéficier d’une totale liberté de choix de l’établissement et profiteront de ce financement quel que soit leur choix. La Suède utilise déjà ce système efficacement.

OBJECTIF Accompagner les étudiants dès leurs premières années universitaires

Donner progressivement aux étudiants de licence à l’université un encadrement équivalent à celui des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles.

Les universités françaises reçoivent 8 700 € par étudiant en moyenne contre 36 500 € aux États-Unis.

OBJECTIF Aider les étudiants à concilier leurs études avec leur emploi

OBJECTIF Investir davantage dans l’enseignement supérieur

Renforcer l’autonomie des universités.

Renforcer l’évaluation de la performance de chaque établissement d’enseignement supérieur.

Augmenter les moyens financiers alloués à l’enseignement supérieur, afin d’accompagner les décisions précédentes.

Développer les financements privés.

Oui mais la réforme en cours sur l’autonomie des universités semble bien timide.

OBJECTIF Faire émerger sur le territoire 10 grands pôles universitaires

et de recherche de niveau mondial

OBJECTIF Ouvrir l’enseignement supérieur à l’international

OBJECTIF Rendre notre recherche plus compétitive

Financer davantage la recherche publique sur projet et à la performance.

Clarifier les missions respectives du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’Agence nationale de la recherche (ANR).

Renforcer les principaux organismes de recherche pluridisciplinaires (CEA) et spécialisés (INRA, INSERM, INED) disposant de grands équipements.

Réformer le statut d’enseignant-chercheur.

Aider la recherche publique à davantage valoriser et appliquer ses découvertes.

Recruter et financer tous les nouveaux chercheurs sur des contrats de 4 ans. Au bout de cette période, le chercheur pourrait évoluer vers un contrat à durée indéterminée de « directeur de recherche », vers une activité d’enseignement, ou vers l’entreprise privée.

OBJECTIF Créer une agence de conseil aux TPE et PME regroupant les services existants

Créer une Agence de service aux petites entreprises de moins de 20 salariés.

OBJECTIF Faciliter l’accès des PME aux marchés publics

OBJECTIF Veiller très strictement au respect des délais de paiement

OBJECTIF Élargir les possibilités de financement des PME

Faciliter l’accès des PME à Alternext.

Attirer les financements des fonds et des banques vers les PME.

Rassembler les fonds actuels d’OSEO et France-Investissement dans une structure unique de rehaussement.

Rééquilibrer le traitement entre créanciers privés.

OBJECTIF Aider à la création d’entreprises et simplifier les débuts

OBJECTIF Démocratiser le numérique en accélérant le déploiement des infrastructures

Dans un souci d’équité territoriale, et compte tenu des prix encore élevés des équipements, il convient de soutenir le déploiement par une aide fiscale transitoire [TNT, ADSL, GSM] sans peser sur le budget de l’État.

L’équité territoriale n’est pas une bonne idée, malgré son nom sympathique. A long terme, en subventionnant les régions moins denses, on favorise la dispersion géographique. La répartition de la population sur le territoire s’adapte toute seule : pourquoi intervenir ?

OBJECTIF Réduire les fractures numériques

OBJECTIF Répartir le « dividende numérique »

Renforcer les garanties et les normes nationales.

Faciliter et sécuriser l’usage de la signature électronique.

Libération d’une quantité importante de fréquences dans la « bande en or » (470 à 860 MHz) pour le développement des services mobiles ou nomades (c’est le « dividende numérique »), sans réserver une rente de situation aux bénéficiaires audiovisuels actuels.

OBJECTIF Assurer une rémunération juste des acteurs de l’économie numérique

Faire verser une contribution aux fournisseurs d’accès Internet.

En plus du téléchargement légal, la rémunération des artistes doit être assurée par des mécanismes d’abonnement et par les vrais bénéficiaires du téléchargement : les fournisseurs d’accès Internet.

OBJECTIF Renforcer le secteur du logiciel

Promouvoir la concurrence entre logiciels propriétaires et logiciels « libres ».

OBJECTIF Développer les contenus

Rendre possible dans les faits, et non plus seulement dans le droit, la liberté de production et d’embauche dans les imprimeries des quotidiens.

OBJECTIF Favoriser l’émergence d’un quatrième opérateur mobile

Réaménager équitablement les conditions d’octroi de la quatrième licence à un nouvel entrant.

Créer un poste de haut-commissaire au développement numérique.

Coordonner l’Autorité de régulation des communications et des postes (ARCEP) et le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA).

OBJECTIF Investir massivement dans les nanotechnologies

Réorienter massivement la recherche publique et privée vers les nanotechnologies.

OBJECTIF Développer une politique sanitaire durable autour de la prévention et de la responsabilisation

Développer massivement la prévention.

Mettre en place un environnement réglementaire stable.

OBJECTIF Améliorer la qualité de l’offre médicale

Améliorer la formation des médecins.

OBJECTIF Libérer la croissance de l’offre pour de nouveaux biens et services de santé

Satisfaire les nouveaux marchés de la dépendance.

Organiser l’externalisation des services périphériques à l’offre de soins.

Favoriser l’externalisation des fonctions hors du coeur de métier de l’hôpital comme la restauration, la blanchisserie, le gardiennage, la maintenance technique et immobilière, la logistique.

OBJECTIF Accroître massivement l’effort de recherche dans les neurosciences

Les acteurs privés de tous les pays ont déjà fortement intérêt à investir dans ce secteur en raison du vieillissement. Un effort public « massif » serait justifié si le marché était défaillant, mais ce n’est pas le cas.

OBJECTIF Affirmer une politique énergétique moins dépendante et plus durable

Développer l’industrie éolienne.

Développer l’énergie solaire.

Développer le recours à la biomasse.

Maintenir le rôle du nucléaire et le rythme de construction de centrales.

Maintenir le rôle de l’État dans le nucléaire.

Sécuriser l’approvisionnement des ressources minières.

Développer une politique européenne de l’énergie.

En pratique, l’indépendance est synonyme de subventions et protectionnisme.

OBJECTIF Une stratégie alimentaire pour la France

Développer massivement les recherches en matière d’OGM pour évaluer leur innocuité.

Doter les instances européennes et nationales d’homologation des moyens nécessaires pour les rendre incontestables.

Rien sur la réforme de la PAC qui est un programme de subventions coûteux et contre-productif. L’Europe ne peut pas évoluer sur ce sujet tant que la France ne bougera pas.

OBJECTIF Engager l’État sur un projet de croissance verte

Construire d’ici 2012 dix Ecopolis, villes ou quartiers d’au moins 50 000 habitants intégrant technologies vertes et technologies de communication.

Orienter la fiscalité vers la protection de l’environnement.

Imposer des normes de sobriété énergétique pour les équipements informatiques avec pour objectif de réduire d’ici 2015 de 50 % leur consommation énergétique annuelle.

OBJECTIF Faire de Paris une place financière majeure

OBJECTIF Faire de la France un noeud majeur de communication en Europe

Développer le low-cost aérien.

Faire de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle le premier aéroport européen.

Se doter de trois ports de taille européenne : Le Havre, Marseille et Nantes.

OBJECTIF Développer le tourisme pour capter une plus grande part de la croissance mondiale dans ce secteur

OBJECTIF Refonder la représentativité des organisations syndicales et patronales

Fonder la représentativité patronale sur le principe « une entreprise – une voix ».

Fonder la représentativité syndicale sur le seul critère de l’élection.

Oui ! Des syndicats qui sont forts parce qu’ils sont représentatifs, et non représentatifs parce qu’ils sont forts (comme actuellement avec la présomption irréfragable de représentativité).

OBJECTIF Clarifier le financement des partenaires sociaux

OBJECTIF Déployer une offre de services pour les salariés comme pour les exclus du marché du travail

Promouvoir l’offre de services des syndicats en vue d’accroître leur audience.

Organiser le principe majoritaire pour la validation des accords.

OBJECTIF Une mobilisation générale des entreprises pour l’emploi des jeunes

Étendre le modèle de l’alternance à tous les niveaux de formation.

Développer les formations professionnalisantes à l’université.

OBJECTIF Aider les jeunes dans la recherche d’un premier emploi

Ouvrir aux jeunes le contrat d’évolution défini plus loin.

OBJECTIF Faciliter l’activité des seniors

Permettre à chacun de retarder, s’il le désire, son départ à la retraite.

Lever toutes les interdictions de cumul emploi-retraite.

Limiter la possibilité de recours aux dispositifs de préretraite aux seules restructurations économiques.

OBJECTIF Simplifier l’arbitrage entre revenu et loisir

Permettre aux entreprises de déroger à la durée légale du travail, à la condition expresse que cette disposition dérogatoire soit prévue par un accord de branche et fondée par un accord majoritaire dans l’entreprise.

Autoriser plus largement le travail le dimanche.

Ce principe est très intéressant et peut être généralisé. Une partie du droit devient supplétif : la loi prévoit des dispositions, mais on peut y déroger par un accord entre les parties concernées.

OBJECTIF Aider chacun à retrouver au plus vite un emploi adapté à ses compétences

Instaurer des Fonds régionaux de sécurisation des parcours professionnels.

Attacher à la personne le Droit individuel à la formation (DIF).

OBJECTIF Mieux accompagner la recherche d’emploi

Intéresser les agents du service public de l’emploi (France Emploi) à leurs performances en matière de reclassement.

Considérer la situation des chercheurs d’emploi comme une activité rémunérée sous forme d’un « contrat d’évolution » avec un accompagnement renforcé.

Toute réforme du système actuel allant dans le sens de moins d’incitations à l’inactivité est une bonne chose. Mais les mesures proposées sont bien timides.

OBJECTIF Stabiliser le contrat de travail

Aménager des indemnités chômage généreuses, mais plafonnées, pour bénéficier surtout aux salariés les plus modestes, et mettre en place un système de bonus/malus.

Créer un troisième mode de rupture du contrat : la rupture à l’amiable.

L’urgence est donc, pour le salarié comme pour l’employeur, de réduire l’incertitude liée à la rupture du contrat.

OBJECTIF Se doter d’une fonction publique ouverte et de haut niveau

Organiser la mobilité au sein des trois fonctions publiques.

Multiplier les passerelles afin de permettre des passages professionnels constants entre secteur public et secteur privé.

À l’avenir, il faudra offrir à chacun la possibilité d’évoluer vers un statut contractuel, commun aux trois fonctions publiques, plus rémunérateur et mieux valorisé en termes de carrière.

OBJECTIF Permettre à tous les jeunes d’accéder aux meilleures études

Prendre en charge très jeunes les enfants dans les « quartiers ».

Favoriser l’accès des jeunes issus de la diversité aux grandes écoles.

OBJECTIF Développer la microfinance

OBJECTIF Rétablir une animation du cadre de vie dans les quartiers

Redéployer une police de proximité, assurant une sécurité réelle des quartiers tout en échangeant avec les jeunes.

OBJECTIF Assurer une égalité réelle des citoyens

Imposer par quotas la diversité dans les élections municipales, régionales, nationales, européennes et syndicales.

OBJECTIF Accroître la superficie des terrains à bâtir

Autoriser l’État à se réapproprier le foncier disponible dans les communes ne respectant pas les exigences de la construction de logements sociaux prévus par la loi SRU

Le foncier ne manque pas en France où la densité de la population est l’une des plus faibles d’Europe. Mais il faut inciter les communes à l’utiliser et à le rendre constructible, en permettant à l’État de reprendre la main, en cas de nécessité. Il est aussi nécessaire de mettre en place des mécanismes privés incitatifs.

Oui pour arrêter la stérilisation du foncier. Mais que va-t-on régler en remplaçant le gestionnaire public local par un gestionnaire public national centralisé ? On ne s’attaque pas aux causes de la crise du logement, mais uniquement à certains symptômes.

OBJECTIF Construire plus

Accroître la hauteur autorisée des immeubles, tout en s’efforçant de préserver des espaces non construits, en particulier des espaces verts.

Donner aux préfets le pouvoir de relever d’autorité le Coefficient d’occupation des sols (COS) s’il est manifestement « malthusien ».

Assouplir les règles de changement d’affectation des locaux, de façon à faciliter la transformation de bureaux et commerces en logements.

Regrouper à l’échelon intercommunal les compétences locales en matière d’urbanisme et d’habitat, notamment en vue de la constitution de réserves foncières.

Oui, mieux vaut assouplir les règles qui sont des obstacles à l’investissement privé, plutôt que continuer l’investissement public.

OBJECTIF Promouvoir l’implication d’opérateurs privés dans la construction et la gestion de logements socialement mixtes

Élargir les opérations de construction à des opérateurs de statut privé, dans le cadre d’un appel à la concurrence et sur la base d’un cahier des charges prédéfini.

Promouvoir les Partenariats public-privé (PPP) au moyen de conventionnements permettant à terme le retour des logements construits dans le parc libre.

OBJECTIF Améliorer l’équité du système du logement social

OBJECTIF Faciliter la mobilité dans le logement social

Créer sur Internet une Bourse du logement social.

OBJECTIF Diminuer les droits de mutation et les frais annexes à l’acquisition d’un logement

Réduire les frais d’agence en introduisant davantage de concurrence et en adaptant la réglementation correspondante.

Accorder aux salariés qui déménagent une prime de mobilité égale à six mois du dernier salaire.

OBJECTIF Encourager les propriétaires à louer en établissant des rapports plus équilibrés avec les locataires

Raccourcir les délais légaux encadrant le régime des expulsions.

Limiter les pouvoirs d’appréciation discrétionnaire du juge en matière de délais de grâce et de paiement aux cas les plus précaires.

Encadrer plus strictement le pouvoir d’appréciation discrétionnaire du préfet, notamment par une compétence liée dans la décision d’accorder le concours de la force publique.

Oui, les lois actuelles qui freinent l’expulsion des mauvais payeurs pénalisent les plus fragiles (femmes seules, immigrés, jeunes) qui font peur aux bailleurs.

OBJECTIF Mieux protéger le locataire

Réduire le dépôt de garantie à un mois de loyer, raccourcir son délai de restitution à huit jours et en confier la garde à une partie tierce au contrat de bail.

OBJECTIF Proposer d’ici 5 ans à tous les locataires modestes, dont les personnes âgées, d’accéder à la propriété, à travers des financements adaptés

Vendre une partie du parc d’HLM à ses occupants.

Permettre aux locataires de capitaliser 25 % des loyers versés pendant 10 ans au moment de l’achat de leur logement HLM.

Permettre à tous les retraités proches du minimum vieillesse de jouir de l’usufruit d’un logement social adapté à leur besoin.

L’épargne publique investie dans les HLM (Livrets A) est mal utilisée. Les céder aux occupants permettra que ce patrimoine soit mieux géré. De plus, cela permettra d’avoir de la transparence sur le patrimoine des offices HLM, et les pertes qu’ils peuvent abriter.

OBJECTIF Organiser un système plus simple et plus performant

Attribuer à la seule Autorité de la concurrence le contrôle concurrentiel des opérations de concentration.

Accroître l’efficacité de la procédure d’investigation antitrust en intégrant les enquêteurs au sein de l’Autorité de la concurrence.

OBJECTIF Introduire les actions de groupe dans le droit français

OBJECTIF Favoriser un urbanisme commercial de qualité, sous le contrôle des élus

Permettre aux élus de mieux utiliser les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) et les Plans locaux d’urbanisme (PLU).

Intégrer dans les plans locaux d’urbanisme des obligations de diversité commerciale en faveur des commerces de détail ou de proximité.

OBJECTIF Renforcer la capacité concurrentielle du commerce de détail

Concéder aux commerçants isolés la gestion de certains services publics de proximité.

Permettre aux communes et agglomérations d’opérer un « remembrement commercial », de manière à favoriser le regroupement géographique des commerces de détail dans les centres-villes ou certains quartiers périphériques.

Augmenter et déconcentrer les aides allouées au commerce de proximité.

OBJECTIF Renforcer la capacité concurrentielle des fournisseurs indépendants

OBJECTIF Encourager la coopération entre fournisseurs indépendants

OBJECTIF Instaurer le principe de liberté tarifaire dans la distribution et le commerce de détail, en levant les interdictions dites de « revente à perte » et de discrimination tarifaire

OBJECTIF Instaurer la libre négociation des conditions commerciales

Abroger les dispositifs du code du commerce qui font obstacle à la libre négociation de conditions commerciales entre fournisseurs et distributeurs.

OBJECTIF Instaurer la libre entrée sur le marché

Mettre fin aux lois Royer-Raffarin et supprimer les procédures d’autorisation actuelles gérées par les commissions départementales d’équipement commercial (CDEC).

OBJECTIF Un contrôle renforcé des règles de concurrence dans une zone locale de chalandise

Supprimer toute réglementation restreignant le nombre et la localisation de nouveaux hôtels, cafés, restaurants, cinémas et stations-service. Remplacer la réglementation actuelle par une réglementation concernant seulement l’urbanisme et l’architecture par le plan local d’urbanisme (PLU) et le Schéma de cohérence territoriale (SCOT).

Supprimer l’exigence du brevet professionnel pour ouvrir un salon de coiffure et lui substituer l’obtention d’un CAP ou cinq années de pratique sous la responsabilité d’un titulaire du CAP.

Développer l’entrée sur le marché des VPR et de différentes offres spécialisées sur certains segments du transport urbain.

Augmenter le nombre de taxis.

Ouvrir les conditions d’exercice des activités de pharmacie.

Supprimer totalement les avoués près les cours d’appel (444 avoués regroupés en 235 offices).

Supprimer le numerus clausus pour les mandataires des procédures collectives.

Supprimer le numerus clausus pour les avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation.

Ouvrir largement l’accès aux professions juridiques délégataires d’une mission de service public. [notaires, huissiers, greffiers]

Adapter les conditions d’exercice pour les avocats, les experts comptables et les commissaires aux comptes.

ENCOURAGER LA MOBILITÉ INTERNATIONALE DES FRANÇAIS

Proposer à nos partenaires européens de multiplier par 10 le nombre de bénéficiaires du programme Erasmus et en étendre le champ d’application à toutes les formations relevant de l’université

des métiers.

Étendre les bourses de l’enseignement supérieur ainsi que l’offre de formations qualifiantes aux pays de la future Union méditerranéenne.

Accueillir davantage d’étudiants étrangers en scolarité payante.

Accueillir plus de travailleurs étrangers.

Simplifier la délivrance d’autorisation de travail pour les travailleurs étrangers.

La délivrance d’autorisation de travail doit d’abord être simplifiée pour les ressortissants qualifiés des huit nouveaux pays membres encore concernés par des restrictions.

Au Royaume-Uni, en Suède et en Irlande, l’immigration a permis de mieux financer les budgets et les systèmes de protection sociale des pays accueillants. L’immigration a aussi un effet positif sur la croissance si le marché du travail est assez flexible pour l’absorber.

Au total, l’immigration de travail renforce la croissance en accroissant la population active et l’emploi, en soutenant la construction immobilière, donc la demande, et en augmentant les recettes fiscales.

L’arrivée d’immigrants ne peut être considérée comme une solution de long terme au vieillissement de la population.

Oui à la libérté d’immigrer, et l’arrêt des permis de travail qui interdisent aux immigrés de travailler. Mais les mesures proposées sont bien timides, et leurs motivations douteuses. La croissance démographique stimule la croissance du PIB, mais pas le PIB/habitant. Il ne faut donc rien attendre en ce qui concerne les déficits sociaux ou le pouvoir d’achat. L’immigration augmente les recettes fiscales de l’Etat. Elle contribue à financer les dépenses publiques, et n’incite pas à les réduire. En réalité, tant que l’Etat-providence sera aussi développé, l’immigration coûtera aux systèmes sociaux, les tensions sur l’immigration persisteront, et on tentera de la freiner. Qui peut croire que l’on attirera des immigrés qui « rapportent » aux systèmes de transerts sociaux ? C’est aussi absurde que de croire que des gens voudront venir en France pour rembourser la dette publique. Ah vraiment, ces immigrés ne sont guère charitables !

OBJECTIF Avoir une vision à moyen terme de la maîtrise des dépenses

Supprimer, dans la Constitution, la distinction entre PLFSS (projet de loi de financement de la Sécurité sociale) et PLF (projet de loi de finances), afin que l’ensemble fasse l’objet d’un examen conjoint et soit soumis aux mêmes votes.

Interdire l’endettement pour les opérateurs de l’État afin de limiter les risques de déport et imposer une présentation consolidée systématique des dépenses de l’État et de ses

opérateurs.

Définir, pour l’assurance maladie, des crédits limitatifs (en aménageant des crédits évaluatifs limités en cas de crise sanitaire).

OBJECTIF Évaluer systématiquement le coût et l’impact de l’action publique

OBJECTIF Simplifier les normes

Faire évaluer ex ante et ex post tout projet de loi et de règlement, ainsi que les principaux textes communautaires.

Transposer toute directive européenne dans les plus brefs délais, sans exception.

OBJECTIF Réorganiser les structures politico-administratives pour simplifier et réduire les coûts

Renforcer la capacité d’arbitrage du président de la République et du Premier ministre en rattachant à Matignon, outre un Secrétariat général du gouvernement considérablement renforcé en juristes et

légistes, un ministre d’État en charge d’un Office du budget.

OBJECTIF Simplifier l’organisation gouvernementale

Limiter par une loi organique le nombre des ministres.

OBJECTIF Simplifier l’administration

OBJECTIF Généraliser l’e-administration

Lancer 10 nouveaux programmes majeurs d’e-administration visant à dégager au total 15 milliards d’euros d’économies par an pour l’État.

Réformer les grands corps de l’État.

Compenser la création de tout nouvel organisme par des réductions d’effectifs proportionnées et attribuer à tout nouvel organisme une durée de vie limitée et reconductible sur preuve.

OBJECTIF Regrouper au siège de la région les services déconcentrés de l’État

Les transferts de compétences de l’État vers les collectivités territoriales doivent être accompagnés d’un abandon effectif de la mission correspondante par les services de l’État, et du redéploiement

de l’intégralité des agents de l’État concernés, pour éviter les doublons entre les actions de l’État et des collectivités territoriales.

OBJECTIF Changer le mode de rémunération des fonctionnaires

Instituer, dans toute la fonction publique, une gestion managériale, dynamique et flexible des personnels.

OBJECTIF Simplifier l’organisation territoriale

Renforcer les régions.

Transformer les intercommunalités en « agglomérations », entités de niveau constitutionnel.

Faire disparaître en dix ans l’échelon départemental.

OBJECTIF Promouvoir une gestion budgétaire performante des collectivités territoriales

Privilégier l’autonomie budgétaire plutôt que l’autonomie fiscale pour inciter les électeurs à mieux contrôler les dépenses des collectivités locales.

OBJECTIF Moduler certaines prestations sociales en fonction du revenu

Conditionner les prestations familiales aux revenus des ménages.

Si les allocations familiales n’existaient pas, faudrait-il les inventer ? Puisque les ménages à faible revenu sont ceux qui ont le plus d’enfants, pour quelle raison voudrait-on les inciter à en avoir d’avantage ?

Mieux vaudrait baisser les allocations actuelles progressivement jusqu’à leur disparition, et cesser de s’immiscer dans les choix intimes des gens.

OBJECTIF Rationaliser la gouvernance des hôpitaux

Permettre aux hôpitaux publics d’opter pour un statut équivalent à celui des hôpitaux privés à but non lucratif.

Ouvrir le recrutement des directeurs des hôpitaux publics à des cadres, entrepreneurs ou médecins des secteurs publics et privés.

Accroître la responsabilité des directeurs d’hôpitaux et leur donner les moyens d’exercer cette responsabilité.

OBJECTIF Mettre en oeuvre une plus grande transparence tarifaire et une vigilance accrue en matière de concurrence

Autoriser les assureurs de complémentaire santé à diffuser une information tarifaire nominative des professionnels de santé en utilisant l’information des bases de données dont ils disposent.

Libéraliser les prix des médicaments PMF et obliger les officines et pharmacies à un affichage clair et lisible des prix des médicaments proposés au public. Lever les restrictions sur la publicité des médicaments à prescription médicale facultative (PMF), comme le prévoit la directive européenne 2004/27/CE.

OBJECTIF Accroître l’attractivité du secteur hospitalier français pour la clientèle étrangère fortunée

OBJECTIF Instaurer une meilleure gouvernance du secteur parapublic

OBJECTIF Fixer pour les organismes d’HLM des contrats d’objectifs et d’évaluation

Inciter à la fusion d’organismes d’HLM.

Retirer tout privilège fiscal, ainsi que les facilités de financement prévues par la Caisse des dépôts et consignations à tout organisme d’HLM ne respectant pas ses obligations de service public clairement définies ; il sera alors considéré comme un organisme constructeur de droit commun.

Déconventionner et supprimer le financement spécifique à tous les organismes d’HLM qui n’auront pas rénové, construit ou vendu au moins 5 % de leur parc chaque année.

Rebudgétiser le 1 % logement, regrouper les organismes collecteurs en cinq organismes et en faire des organismes constructeurs.

OBJECTIF Renforcer les organismes consulaires et les tribunaux de commerce

Réduire de 175 à une cinquantaine le nombre de chambres de commerce et d’industrie.

Regrouper les tribunaux de commerce aujourd’hui au nombre de 191 et introduire des magistrats professionnels auprès des juges bénévoles.

OBJECTIF Assurer progressivement un financement plus juste de la protection sociale

Fusionner la part salariale et la part patronale des cotisations sociales pour en clarifier la nature et l’impact économique.

Accentuer les allégements de charges, en mettant en place une exonération totale des ex-cotisations sociales employeur au niveau du Smic pour toutes les entreprises.

OBJECTIF Éliminer les incitations à l’inactivité

OBJECTIF Rendre plus juste l’impôt sur le revenu

Restructurer l’ensemble des niches de l’impôt sur le revenu, (actuellement au nombre de 60 et qui avantagent les plus riches), pour limiter leur coût total à 10 % de l’impôt sur le revenu et ne retenir que celles qui sont favorables à la croissance et celles qui favorisent le développement de l’activité

associative et caritative.

Doubler le crédit d’impôt pour favoriser le maintien à domicile des dépenses consacrées à l’emploi de salariés destinés à assister les personnes âgées, malades ou handicapées nécessitant une présence 24 heures sur 24. Le plafond de crédit d’impôt sera porté de 20 000 à 40 000 euros.

Mettre en place la retenue à la source.

OBJECTIF Modifier la fiscalité de l’épargne pour favoriser le risque plus que la rente

Réorienter massivement le régime fiscal de l’assurance-vie et du Plan d’épargne en actions vers l’épargne longue investie en actions (à coupler avec les fonds de pension).

Ajuster la réglementation prudentielle de l’assurance.

OBJECTIF Rationaliser l’architecture des impôts locaux

OBJECTIF Mettre en place une fiscalité écologique

OBJECTIF Favoriser l’émergence de fonds de pension à la française

Étendre les dispositifs d’épargne salariale dans les PME en abaissant le seuil rendant la participation obligatoire à 20 salariés.

Permettre aux règlements négociés des Perco de prévoir une adhésion collective automatique avec une clause d’opting out.

Selon des études américaines, un tel système permet de faire passer le taux d’adhésion des salariés de 40 à 80 %.

Créer un crédit d’impôt (de 250 ou 300 euros par an) pour les sommes investies par les moins de 45 ans dans un Perco. (Cette décision coûterait 187 millions d’euros si 5 % des salariés en bénéficiaient, 562 millions pour 15 % des salariés.)

OBJECTIF Permettre l’émergence d’un fonds souverain français

La Caisse des dépôts et consignations (CDC) [pourra] focaliser son intervention sur des projets dont le niveau de rentabilité est trop limité pour un investisseur de marché mais produisant des externalités positives suffisantes pour justifier la mobilisation de ressources (universités, recherche, logement social), dont l’horizon de rentabilité est trop éloigné pour des investisseurs traditionnels (30 à 50 ans) ou dont le niveau de risque unitaire est trop élevé pour un prêteur ou un actionnaire traditionnel.

Du vent (heureusement). Probablement mis pour ménager la chèvre et le chou.

OBJECTIF Se doter d’une stratégie actionnariale et industrielle

Créer une Agence de veille et d’orientation industrielle.

Renforcer l’Agence des participations de l’État.

23 janvier 2008

De l'urbanisme aux normes de qualité

En Asie du Sud-Est, la corruption des décideurs permet de construire ce qu’on veut , où on veut, à condition de graisser la patte des bonnes personnes. La conséquence sur l’architecture est que, dans la pratique, le promoteur a toute latitude sur le cahier des charges. Ainsi, dans les grandes métropoles où le marché est dérèglementé (Djakarta, Manille), on observe un urbanisme anarchique, un paysage urbain destructuré et globalement très laid à l'aune de nos critères européens. Imposer un cahier des charges strict aux promoteurs peut sembler contraignant à court terme. Mais l'unité architecturale qui en résulte valorise à long terme le patrimoine immobilier, car chaque immeuble bénéficie de la qualité des autres. Une variante de la théorie des externalités.

Sur les normes de construction, c’est pareil. Si le promoteur ne les respecte pas (parce qu’elles n’existent pas ou parce qu’il peut les contourner sans risque), cela ne changera rien à son prix de vente, car il s’agit de normes très techniques incompréhensibles pour l’acheteur lambda qui sera incapable de juger un bien en fonction de ces critères. Ce dernier risque de subir ensuite un préjudice au cours de la jouissance de son bien, mais sans qu’il ait pu négocier au départ une baisse correspondante du prix de vente. C’est le problème classique d’asymétrie de l’information entre un vendeur professionnel et un acheteur non professionnel. La seule manière de protéger ce dernier est d’imposer une réglementation et des normes au vendeur promoteur.

Enfin si on laisse le marché foncier entièrement libre, on se retrouve avec des logements construits en zone inondable, volcanique, sujette à glissement de terrain ou autres délicieux vices cachés qui un jour ou l’autre se révèlent catastrophiques. Dans ces cas, c’est en général l’acheteur crédule qui trinque et non le promoteur sans scrupules. Et sans même rentrer dans ces considérations morales, ce n’est pas économiquement optimum pour le pays dans son ensemble de laisser se développer une vulnérabilité excessive aux risques naturels.

Sur les normes et les risques je n'y crois pas du tout. Les normes sont devenues en pratique une méthode de lobbying de certains secteurs de l'industrie, parce qu'elles permettent de vendre leurs produits ou bien interdisent l'entrée de concurrents. Elles sont bien sûr présentées comme étant dans l'intérêt du consommateur. Mais le consommateur est beaucoup moins idiot qu'on le croit. Lorsqu'un problème d'asymétrie d'information existe vraiment (car c'est souvent un fantasme), les producteurs mettent en place des labels de qualité permettant de garantir le sérieux du vendeur. Il y a une raison simple à cela : ça leur permet de vendre leur produit plus cher, en éliminant l'asymétrie d'information.

Les labels ne sont crédibles que s’ils sont émis et gérés par des autorités indépendantes. Dans l’idée, on n’est plus très loin des normes règlementaires…

Une norme réglementaire est imposée au consommateur, tandis qu'un label de qualité est choisi par lui. Choix vs coercition. Certes, il existe des labels bidon dont le but est de tromper le consommateur, mais je ne pense pas qu'ils puissent avoir un effet significatif et durable. Le label est lui-même un produit, et est donc soumis à la saine concurrence d'autres labels meilleurs que lui. Ce n'est pas le cas des lois.

Il est surprenant d’entendre que l’asymétrie d’information serait souvent un fantasme, alors qu’elle est présente dans pratiquement 100% des transactions tous secteurs confondus.

Il y a un point sur lequel je suis absolument d'accord : je ne peux pas citer une seule décision dans ma vie que j'aie prise en disposant de toute l'information. Toute action est incertaine, et l'information permet de réduire l'incertitude mais pas complètement. L’information est donc un produit (ou un service, comme on préfère) qui a une vraie valeur pour le consommateur, mais aussi un coût. Ce marché fonctionne comme les autres, avec des entrepreneurs qui détectent une opportunité de profit (les agences de rating, les cabinets d'expertise, etc) et des clients qui choisissent le produit qui correpond à leur besoin. Mais on a tendance à traiter l'information comme un produit différent des autres, qui ne coûterait rien, et dont on n'aurait jamais assez. L'Etat devrait donc intervenir pour que le consommateur ait toujours plus d'information. Comme pour les autres produits, cette démarche a plusieurs inconvénients : 1) la qualité de l'information en question est choisie par l'administration, elle a tendance à se focaliser sur des aspects quantitatifs qui ne sont pas nécessairement ceux que le consommateur valorise le plus, 2) si on force les producteurs à fournir trop d'information, cela finit par coûter cher, et 3) le jugement des consommateurs s'émousse, car ils perdent l'habitude de faire jouer la concurrence, "achètent" contraints et forcés l'information définie par la loi, et ne s'informent pas assez sur les produits qu'ils achètent. On se retrouve donc avec un résultat contraire à ce qui était recherché : des produits trop chers et qui ne correspondent pas à nos besoins.

Dans le cas des voitures, c’est un bel exemple dont on peut faire l’expérience : on sort de chez le concessionnaire avec une belle voiture neuve, et 5 minutes plus tard elle a déjà perdu 15% de sa valeur s’il nous vient la fantaisie de vouloir la revendre immédiatement. La seule explication de cette aberration, c’est que perdre l’étiquette « voiture neuve » introduit une asymétrie d’information qui, dans ce cas, joue en défaveur du vendeur.

Le but étant de revendre sa voiture le plus cher possible, on a plusieurs options pour faire une bonne vente. On peut la faire expertiser. On peut proposer à l'acheteur de lui offrir l'expertise par le cabinet de son choix. On peut même proposer à l'acheteur une garantie de reprise du véhicule avec remboursement intégral. La garantie constructeur peut être transférable du vendeur à l’acheteur, et que sais-je encore. C'est l'intérêt du vendeur de supprimer l'asymétrie d'information, et il peut le faire. La question est : peut-il le faire pour un coût modique ? Par exemple, peut-il convaincre l'acheteur pour moins de 500 euros que la voiture est en parfait état ? Réponse : oui, et c'est ce qui se passe. Ca n'est pas pour dire que tout les vendeurs sont honnêtes, ce serait naïf. Mais lorsqu'il existe une asymétrie d'information sur un marché, qu'elle persiste, et qu’aucun entrepreneur ne vient l'éliminer, on peut parier que c'est parce qu'elle a assez peu de valeur pour les acheteurs. C'est le cas pour certaines arnaques sur les baladeurs MP3 sur eBay, par exemple, qui sont hackés pour que la mémoire affichée à l'écran soit plus grande que la réalité.

21 janvier 2008

Crise du logement

Quelles sont les lois qui raréfient l'offre de logement en France ?

La liste est longue et ancienne :

- plafonnement des loyers par diverses méthodes plus ou moins « violentes » (principalement les lois de 1914 puis de 1948 puis Quillot 1982) ce qui a pour effet de baisser la rentabilité du locatif et donc de réduire mécaniquement l'investissement

- la protection obligatoire des locataires, même indélicats (toujours Quillot 1982) qui a les mêmes effets que le plafonnement des loyers

- les normes (surface, sanitaires, phoniques, thermiques) qui augmentent le coût et interdisent de louer une chambre de bonne de moins de 9m² mais autorisent de dormir dans une tente de 2m² :-(

- le secteur social qui représente déjà 1 résidence principale sur 6, et qui continue de croître « pour combler le retard » (loi SRU de 2000) alors qu'il sera toujours structurellement en pénurie (puisqu'il doit être loué en-dessous du marché, sinon il ne serait pas social)

- et surtout (surtout) la stérilisation du foncier (code de l'urbanisme, PLU, autorisations préfectorales, permis de construire etc.) qui raréfie inutilement cette ressource précieuse, contribuant largement à la formation de bulles spéculatives locales

A côté de tout cela, on trouve une succession de lois « incitatives » (Périssol, Robien, Besson, Borloo) qui essaient de contrecarrer les effets précédents. Mais, dira-t-on, on n'empêche pas la construction, on l'encourage même par ces incitations fiscales! N'est-ce pas un contre-exemple flagrant? Que nenni! Grâce à ces subventions, nous réussissons l'exploit d'avoir un surinvestissement à certains endroits et sous-investissement ailleurs. Il est même parfaitement concevable d'être en situation de pénurie tout en ayant un surinvestissement global. En effet, le nombre de logements n'est pas le seul critère. Si les logements construits ne répondent pas aux besoins (notamment de localisation) des clients, leur prix de vente sera inférieur à leur coût de construction (subvention comprise). C'est-à-dire qu'on aura beaucoup investi, mais une partie de ces investissements sera perdue, d'où la pénurie.

Dans le genre pire que nous, on peut regarder nos voisins d'outre-Manche. Baladez-vous autour de Londres sur Google Maps (option satellite) et vous verrez de nombreuses zones pavillonnaires relativement peu denses. Une petite maison dans un bon quartier (Kew) à 25km de la City peut se louer 3000 euros par mois. Comme par hasard, l'immobilier est un des rares secteurs à n’avoir pas été déréglementé dans les années 1980. Le Town and Country Planning Act (sic) instaure des ceintures vertes autour des grands villes et empêche la construction d'immeubles plus denses. Or il suffirait de relativement peu de constructions pour faire baisser fortement les prix (faible élasticité de la demande).

Quel est l'effet de ces lois? Elles créent de la pénurie : nous avons moins de m², moins bien situés et moins beaux que ce que nous devrions avoir. Et, par l'intermédiaire du marché immobilier, elles effectuent un transfert de richesses allant des nouveaux entrants vers les déjà-propriétaires. Comme pour les licences de taxis, par exemple.

Pourtant, l'offre semble actuellement assez abondante, puisque les promoteurs sont en train de réduire leur production. Et les invendus ne sont pas que dans les petites villes où il n'y avait pas de marché au départ...

Dans certains zones hyper-demandées et hyper-contraintes, les prix se sont envolés sous l'effet de la baisse des taux en 2003 et de la faible élasticité de la demande. Nous assistons donc à l'éclatement de ces bulles. Même aux US, la bulle est localisée. Vu de loin on a l'impression que tout le marché s'est emballé, mais c'est loin d'être le cas.

L'éclatement de ces bulles révèle donc la vraie nature de certains mauvais investissements. Quand les coûts de construction ont été élevés et que le marché se retourne, les promoteurs ne savent pas encore combien ils vont perdre d'argent. Plutôt que de baisser massivement leurs prix pour écouler le stock, ils baissent petit à petit en espérant trouver l'équilibre. En attendant, certains programmes restent avec des invendus sur les bras.

« moins de m² », je veux bien; mais « moins bien situés et moins beaux », ça reste à prouver. Nous payons la « muséification » de Paris, il me semble. On n'a rien sans rien. Si vous déréglementez, vous aurez des grandes tours au-dessus de Saint-Germain-des-Prés.

Je constate souvent qu'il est difficile de convaincre mes amis de déréglementer complètement la construction à Paris. Essayons quand même! En général, leurs certitudes se lézardent dès qu'on aborde deux points :

1) Les programmes de constructions planifiés par la collectivité sont laids. Et si vous pensez que c'est de l'histoire ancienne, jetez donc un coup d'oeil aux programmes en cours.

2) Si on regarde les incitations dans les deux cas de figure, elles sont totalement différentes. Le programme public de logements sociaux doit faire du quantitatif sous contrainte budgétaire. C'est en gros le cahier des charges qui est donné aux architectes. La valorisation patrimoniale n'est pas un critère important, car les HLM sont rarement conçus pour être vendus.

Le promoteur, à l'inverse, doit faire un produit qui maximise peu ou prou son profit. Pour cela, il vaut mieux qu'il soit beau et perçu comme un bon placement patrimonial à long terme, car c'est un critère important pour les acheteurs.

La différence entre programme public et promoteur privé, c'est donc que le promoteur a une incitation à construire quelque chose d'assez beau pour pouvoir le vendre. La meilleure façon de faire monter la qualité esthétique des constructions privées, c'est la concurrence entre promoteurs, et non la réglementation des façades. Personne n'a réglementé le design de l'iPhone, que je sache!

Evidemment, si une commune ou un arrondissement était la seule à libéraliser son marché immobilier, alors que tout le reste du marché reste sous contrainte, on y verrait pousser les tours comme des champignons. Il faut donc que tout soit déréglementé simultanément (via l'abrogation des lois en question) afin qu'on puisse tendre vers un équilibre entre la densité des logements et leurs qualités esthétiques. Je ne pense pas que la densité augmenterait beaucoup. Encore une fois : la demande est très peu élastique, c'est-à-dire que 1% de logements en plus feraient baisser les prix de beaucoup plus que 1%.


[Ajout]

C'est vrai pour les maisons individuelles, qui reflêtent l'ame de leur propriétaire. Mais pour les immeubles collectifs, tout indique au contraire que pour les propriétaires, ce qui compte, ce n'est pas ce qui se voit, c'est ce qui ne se voit pas (l'intérieur, auquel toutes les ressources sont réservées). Il suffit de penser aux réglementations forçant les propriétaires à entretenir leurs façades. Si on est dans une ville qui a des immeubles avec cour intérieure, lorsqu'on rentre et qu'on voit l'intérieur qui n'est pas soumis à réglementation, c'est le choc : on croirait voir un taudis alors qu'à l'extérieur c'est un bel immeuble bourgeois avec des médecins, des avocats... La concurrence pousserait les promoteurs à minimiser les couts qui sont peu importants pour leurs clients. Soit dit en passant, la bourgeoisie a toujours réglementé la construction, dès le moyen-âge (voir les magnifiques villes de l'Est de la France : ce n'est pas spontanément que toutes les maisons ont le même style 'typique', les propriétaires étaient contraints et forcés). Et aux USA, j'ai lu que le même genre de marché profondément réglementé rêgne dans tous les quartiers huppés sans même parler des quartiers fermés qui sont de véritables entreprises où tout ce qui concerne l'apparence est contrôlé par le rêglement intérieur.


Dès qu'on voit un un résultat qui est bien foutu, beau, efficace, etc. on ne peut s'empêcher de penser qu'il a été pensé au départ. L'idée que quelque chose d'organisé puisse surgir du désordre du marché nous dépasse. C'est le syndrôme de l'intelligent design.